Véhicules électriques chinois : Bruxelles envisage un prix plancher

Nouveau tournant dans les relations commerciales entre l’Union européenne et la Chine. Après l’instauration, en octobre 2024, de surtaxes pouvant atteindre 35 % sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, Commission européenne propose désormais une alternative : la mise en place d’un prix plancher à l’importation.

Objectif affiché : corriger les effets des subventions publiques chinoises jugées déloyales, tout en évitant une escalade commerciale durable.

 

Du droit de douane au prix minimum

Depuis octobre 2024, Bruxelles applique une surtaxe additionnelle pouvant aller jusqu’à 35 %, en plus des 10 % de droits de douane déjà en vigueur. Ces mesures visent les véhicules électriques produits en Chine, accusés de bénéficier de soutiens publics massifs faussant la concurrence au détriment des constructeurs européens.

Avec le mécanisme de prix plancher, les constructeurs concernés pourraient échapper aux surtaxes s’ils acceptent de vendre leurs véhicules au-dessus d’un seuil fixé par l’UE, considéré comme “approprié” pour neutraliser l’avantage lié aux subventions.

Les discussions entre Bruxelles et Pékin seraient engagées depuis près d’un an, et un premier constructeur aurait manifesté son intérêt pour ce dispositif fin décembre.

Un équilibre délicat pour la filière européenne

Cette évolution marque un changement d’approche stratégique :

  • Moins punitive qu’une surtaxe généralisée,
  • Plus ciblée, en agissant directement sur les conditions de marché.

Pour les industriels européens, le prix plancher pourrait offrir une meilleure visibilité concurrentielle, tout en limitant le risque de représailles commerciales de la Chine.

Mais l’enjeu reste sensible. Trop élevé, le seuil pourrait restreindre l’offre et peser sur les consommateurs européens. Trop bas, il serait jugé inefficace pour protéger la production locale.

Un signal fort dans la bataille mondiale du véhicule électrique

Au-delà du seul marché européen, cette décision s’inscrit dans un contexte de reconfiguration géoéconomique du secteur automobile. L’électrification accélérée, la maîtrise des batteries et la souveraineté industrielle sont devenues des sujets stratégiques.

En proposant un prix plancher, l’Union européenne tente de tracer une ligne de crête :

  • 👉 préserver sa compétitivité industrielle,
  • 👉 maintenir une ouverture commerciale maîtrisée,
  • 👉 éviter une guerre tarifaire prolongée.

Un dossier à suivre de près pour l’ensemble des acteurs de la filière automobile et mobilités.

ℹ️ Source AUTOMOBILE CHINOISE : BRUXELLES VEUT UN PRIX PLANCHER 
LE FIGARO | 13 janvier 2026